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La réalité économique face aux mensonges de LCI sur la “croissance” française !

Introduction : un optimisme médiatique trompeur

LCI et d’autres médias grand public brossent un tableau idyllique de l’économie française, prétendant que « la France est en pleine croissance » et que « le chômage a largement baissé ». Ce discours optimiste est repris à l’envi, donnant l’impression que tout va pour le mieux. Pourtant, les faits économiques des derniers mois démentent ces affirmations. Entre la croissance en berne, la remontée du chômage, les vagues de licenciements dans l’industrie et les alertes d’économistes comme Marc Touati, la réalité est bien moins rose que ce que racontent certains plateaux télévisés. Dans cet article, nous confrontons ces mensonges médiatiques aux données et analyses disponibles, afin de rétablir la vérité sur la situation économique de la France.

Croissance économique : un mirage entretenu

Les médias clament que la France serait en « pleine croissance ». En réalité, la croissance française est loin d’être florissante : après le fort rebond post-Covid de +7 % en 2021, l’activité a nettement ralenti. Le PIB n’a progressé que de +1,1 % en 2023, et d’environ +1,1 % encore en 2024 – un rythme modeste, à des années-lumière d’une économie en plein essor. Pire, au dernier trimestre 2024, l’économie française s’est contractée légèrement (-0,1 % de PIB) après une embellie artificielle due aux Jeux olympiques en été. Autrement dit, la France frôle la stagnation économique plutôt qu’un boom.

Cet essoufflement de la croissance est d’ailleurs reconnu par les chiffres officiels. La Banque de France et l’Insee anticipent tout juste 0,7 à 0,9 % de croissance en 2025, signe que le moteur économique tourne au ralenti. L’inflation persistante (autour de 4 % fin 2023) continue de rogner le pouvoir d’achat, ce qui pèse sur la consommation des ménages. Parler de “pleine croissance” relève donc de la pure propagande, alors que la croissance actuelle est au mieux anémique.

L’économiste Marc Touati dénonce d’ailleurs depuis plusieurs mois la nature factice de cette embellie. Selon lui, la faible croissance observée récemment est une « croissance artificielle », soutenue à coups de dépenses publiques en déficit, et qui « ne vaut rien » car elle ne reflète pas une dynamique économique saine. Ce mirage statistique masque la fragilité de l’économie réelle. En clair, la France ne “voit” de la croissance que parce qu’elle la finance à crédit, une situation intenable sur la durée. La crédibilité financière du pays s’en ressent : Touati parle d’« dérive budgétaire » et d’une France devenue « la risée du monde » du fait de sa gestion économique. Dissimuler la réalité derrière des slogans optimistes n’a fait qu’aggraver la crise de confiance.

Chômage : baisse en trompe-l’œil et remontée inquiétante

LCI affirme que « le chômage a largement baissé » en France. Effectivement, le taux de chômage était descendu autour de 7,2 % fin 2022 – son plus bas niveau depuis 15 ans. Mais cette amélioration s’est interrompue et le chômage est reparti à la hausse depuis 2023. D’après les chiffres officiels, le taux de chômage atteint désormais 7,7 % de la population active au troisième trimestre 2025, en hausse de 0,3 point sur un an. Même les éditorialistes de LCI le reconnaissent : cela fait « deux ans et demi que [le chômage] grimpe », rendant hors de portée l’objectif de plein emploi (5 % de chômage) promis par Emmanuel Macron.

Autrement dit, le chômage n’a pas “largement baissé” : il a stagné puis remonté. En volume, cela représente environ 2,4 millions de chômeurs (catégorie A) fin 2025, contre 2,2 millions en 2022. Cette détérioration touche particulièrement les plus jeunes : le chômage des 15–24 ans reste très élevé (autour de 17–18 %) et a même flambé dans certains quartiers populaires. Parallèlement, la précarité de l’emploi augmente, avec la fin des aides à l’alternance entraînant la destruction potentielle de 65 000 postes d’apprentis d’ici fin 2025 d’après l’Insee.

Surtout, la prétendue « baisse du chômage » n’a pas empêché la pauvreté d’atteindre un niveau record. L’Insee a révélé qu’en 2023 le taux de pauvreté monétaire a bondi à 15,4 % de la population, son plus haut niveau depuis le début des mesures en 1996. Près de 10 millions de Français vivent désormais sous le seuil de pauvreté, notamment à cause de l’inflation et de la stagnation des bas revenus. Ce chiffre dramatique prouve qu’une baisse du chômage affichée ne rime pas avec une amélioration du niveau de vie : beaucoup d’emplois créés sont précaires ou mal payés, si bien que la « baisse » du chômage de ces dernières années est en trompe-l’œil. En réalité, le pays fait face à un retour du chômage de masse, et les plus fragiles n’en ressentent aucun bénéfice tangible.

Licenciements en chaîne et désindustrialisation galopante

Autre réalité occultée par le discours médiatique officiel : l’explosion des plans sociaux et la rechute industrielle de la France. Alors que LCI vante une économie en plein essor, le pays subit ces derniers mois une vague de licenciements et de fermetures de sites sans précédent. Un exemple emblématique est la liquidation de Brandt, dernier grand fabricant français d’électroménager, décidée en décembre 2025 : la faillite de cette entreprise presque centenaire a entraîné la suppression de 750 emplois d’un coup.

Le cas Brandt est loin d’être isolé. Les plans de licenciements se multiplient tous azimuts dans l’industrie depuis plus d’un an. Métallurgie, automobile, pharmacie, agroalimentaire – aucun secteur n’est épargné. Des géants comme ArcelorMittal, Michelin, Valeo, Sanofi ou Blédina ferment des sites ou réduisent leurs effectifs, pendant que des centaines de PME sous-traitantes mettent la clé sous la porte. Selon le cabinet Trendeo, 165 sites industriels étaient menacés de fermeture depuis la rentrée 2025, contre 120 un an plus tôt. Ces dossiers menacent environ 10 000 emplois à travers le pays. Les régions historiques de l’industrie payent un lourd tribut : Grand Est, Hauts-de-France, Bourgogne-Franche-Comté ont chacune perdu entre 2 200 et 2 700 emplois industriels en un an.

Tous les voyants sont au rouge : le nombre de plans sociaux explose littéralement. Au deuxième trimestre 2025, 192 plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) ont été enregistrés, en hausse de 20 % en un seul trimestre. Sur un an, le nombre de PSE a presque doublé (+47 %) et le nombre d’emplois supprimés via ces plans a grimpé de 32 %. Ces chiffres alarmants sonnent la fin de la « réindustrialisation » affichée après 2020 : « on est de nouveau dans une phase de désindustrialisation », constate Olivier Lluansi, spécialiste de l’industrie. En effet, entre 2021 et 2024, la France avait regagné environ 30 000 emplois industriels et ouvert une centaine d’usines par an, mais depuis le second semestre 2024 la tendance s’est inversée : on reperd des emplois industriels (–20 000) et on assiste à une cascade de fermetures d’usines.

Les projections pour l’avenir immédiat sont tout aussi sombres. Le dernier baromètre du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI) anticipe qu’en 2026, la situation va empirer : « accélération des fermetures de sites, remontée franche du chômage et nouveau cycle de désindustrialisation » sont à prévoir. Cette perspective d’un retour du chômage autour de 9 % d’ici 2026 – un niveau digne du milieu des années 2010 confirme combien le décalage est grand entre le discours officiel et la réalité du terrain. Alors que le gouvernement tente encore de relativiser en exhibant quelques investissements (par exemple l’ouverture d’une gigafactory de batteries à Dunkerque créant 1 200 emplois), le ras-de-marée des licenciements emporte des dizaines de milliers d’emplois, souvent qualifiés, dans nos bassins industriels. Parler de « pleine croissance » alors que des fleurons industriels s’effondrent relève du déni pur et simple.

Marc Touati sonne l’alarme : “Ce n’est pas sérieux !”

Face à cette dichotomie entre le récit médiatique et les faits, des voix indépendantes s’élèvent pour dénoncer la propagande économique. L’économiste Marc Touati, président du cabinet ACDEFI, est l’une des figures les plus critiques à l’égard des éléments de langage gouvernementaux repris par LCI. Ses analyses récentes mettent en lumière les vrais indicateurs de la santé économique de la France, bien loin de la langue de bois officielle.

Touati parle d’“mensonge d’État” à propos de la présentation des comptes publics. Il a révélé qu’en 2024, Bercy a dissimulé un dérapage budgétaire de 50 milliards d’euros : dès février 2024, le ministre Bruno Le Maire savait que les finances publiques dévieraient lourdement, sans que le gouvernement ne l’admette avant l’automne. « On a caché la vérité aux Français », accuse Marc Touati, qui compare la situation à une bombe à retardement pire que la Grèce en 2010. Ce déni de réalité au sommet de l’État nourrit, selon lui, la crise de crédibilité que traverse le pays.

Sur le front de l’économie réelle, Marc Touati démonte point par point le récit d’une France en réussite. Il souligne que les faillites d’entreprises ont explosé pour atteindre des sommets historiques : plus de 68 000 défaillances enregistrées sur les 12 derniers mois, soit 6,6 % de plus que le pic de 2015 et même 13,3 % de plus que le pire niveau de 2009 (après la crise financière). Autrement dit, le tissu économique se désagrège à un rythme effarant, contredisant totalement l’idée d’un climat d’affaires au beau fixe. Marc Touati note d’ailleurs, ironique, qu’on est bien loin des bénéfices escomptés de la “politique de l’offre” censée revitaliser nos entreprises : « on ne la voit pas, la politique de l’offre, parce que les défaillances explosent », constate-t-il. Tous les secteurs sont touchés : la construction (+36 % de faillites depuis 2020), l’immobilier (+60 %), le commerce, l’industrie… aucun pan de l’économie n’est épargnée.

 « On nous parle de croissance, mais cette croissance est artificielle, soutenue par le déficit public, et elle ne vaut rien : ce n’est pas la réalité. Voilà la réalité des Français : des faillites d’entreprises en cascade, des PME, des artisans qui ferment… C’est dramatique, et derrière il y a du chômage, qui a déjà commencé à augmenter et va encore augmenter. »

Dans ses dernières interviews, Marc Touati ne mâche pas ses mots pour qualifier la situation : « la France traverse une crise de crédibilité sans précédent, sur fond de croissance atone, de dérive budgétaire et de hausse continue des impôts. Nous sommes devenus la risée du monde », déplore-t-il. Selon lui, le gouvernement et certains médias se réfugient dans le déni et les annonces lénifiantes, au lieu d’affronter le réel. Il martèle que « ce n’est pas sérieux » – une phrase qu’il a érigée en leitmotiv – pour fustiger l’irresponsabilité économique ambiante. Loin des plateaux de LCI, l’économiste appelle à regarder la vérité en face : « L’hiver sera rude, économiquement et socialement », prévient-il, mais cette crise peut être salutaire si l’on accepte enfin de dire les choses telles qu’elles sont et d’« agir enfin avec sérieux »*. En clair, il est urgent d’arrêter de mentir aux Français sur l’état de l’économie et de prendre les mesures courageuses qui s’imposent.

Conclusion : Urgence de vérité et de lucidité

Les exemples et analyses ci-dessus convergent vers un constat sans appel : le récit idyllique servi par LCI et consorts sur l’économie française ne résiste pas à l’examen des faits. Non, la France n’est pas en “pleine croissance” – elle stagne à peine au-dessus de zéro en vivant à crédit. Non, le chômage n’a pas “largement baissé” – il stagne à un niveau élevé et repart à la hausse, tandis que la précarité augmente et que la pauvreté bat des records. Non, l’économie réelle n’est pas florissante – elle est marquée par des fermetures d’usines, des licenciements massifs et un recul industriel qui sapent le tissu socio-économique du pays.

Continuer à clamer que « tout va bien, dormez tranquilles » relève soit de l’incompétence, soit de la manipulation délibérée de l’opinion. Ces mensonges médiatiques entretenus par certains pour ne pas “faire de vagues” sont non seulement indécents pour les millions de Français qui subissent la crise, mais aussi dangereux : ils empêchent de prendre conscience de l’urgence et donc d’y apporter des réponses adéquates. Comment résoudre les problèmes si on refuse même de les admettre ?

Il est plus que temps de remettre la réalité au cœur du débat public. Les citoyens ont droit à une information honnête sur la situation économique du pays. Occulter les difficultés ne les fait pas disparaître ; au contraire, cela risque de les aggraver en retardant les corrections nécessaires. Comme le souligne Marc Touati, la France ne pourra se relever que lorsqu’elle aura le courage de regarder la vérité en face. Cela implique que médias et dirigeants cessent de minimiser la gravité de la situation et engagent enfin des actions sérieuses pour endiguer la désindustrialisation, relancer une croissance saine et durable, et lutter réellement contre le chômage de masse.

En somme, la première étape pour redresser l’économie française est d’arrêter de se raconter des histoires. Les faits sont têtus : plutôt que de se fier aux slogans optimistes de LCI, fions-nous aux chiffres et aux réalités vécues par les Français. C’est à ce prix – celui de la lucidité et de la vérité – que l’on pourra reconstruire une économie solide, au service du plus grand nombre, et redonner de l’espoir à un pays qu’on ne saurait indéfiniment bercer d’illusions. Les mensonges économiques, eux, doivent être combattus sans relâche, car ils sont le terreau des vraies crises de demain.

Sources : Les données et citations utilisées proviennent des rapports de l’Insee, d’articles de presse nationaux (Le Monde, TF1/LCI), ainsi que des analyses de Marc Touati publiées récemment. Ces sources convergent toutes pour révéler l’ampleur du décalage entre le discours médiatique officiel et la réalité économique de la France – un décalage qu’il est urgent de combler par la transparence et l’action.

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